• L'arc à travers l'Histoire

  • Le tir à l'arc est un noble art

    qui remonte à la nuit des temps.

    Ce fut dans l’antiquité une arme de chasse pour la survie humanitaire.      

    Cette méthode de chasse est encore couramment utilisée de nos jours chez les aborigènes d’Afrique et d’Amazonie, ils s’en servent pour chasser le gibier nécessaire à leur subsistance.

     

     LA PREHISTOIRE

    Certains chercheurs situent l’apparition de l’arc entre les mains d’un homme, vers la fin de l’ère paléolithique, il y a environ 20 000 ans, voire même 30 000 ans. Des peintures rupestres que les évaluations datent de 10 000 ans avant JC, relevées sur les parois de grottes espagnoles, montrent des chasseurs armés d’un arc.

    Avant d’inventer l’arc lui-même l’homme lançait à la main, à l’aide de propulseurs,          des ‘’ traits ‘’ armés de pointes en silex. Le passage du lancer à main nue au lancer à l’aide d’une arme se fit très lentement, il se fit peut-être, grâce à l’œil vigilant de l’homme observant la puissance d’un jeune arbre tendu par le vent ; on put constater ainsi qu’un homme faible disposant d’une arme plus longue pouvait lancer plus loin. Une fois cette leçon apprise, l’esprit inventif de l’homme a dû être hanté par l’élasticité du jeune arbre plié revenant à la position verticale. L’utilisation de la puissance de l’arbrisseau tendu tortura l’esprit humain jusqu’au jour ou il l’arracha de terre ; il détermina alors un point central, façonna des branches latérales grossièrement égales, dota ce bois tendu d’une sorte de corde nouée aux deux extrémités de manière à pouvoir le tendre.

    L’homme admira donc cet arc entre ses mains.

    La découverte de l’arc marqua un énorme progrès pour l’homme. Quand il sut maîtriser habilement la lente énergie de ses muscles pour la libérer de manière soudaine et efficace, il fut alors capable de chasser le gibier avec succès et, avec une relative sécurité, il put combattre ses ennemis à distance. Il est certain que le javelot fut antérieur à l’arc et que des os ou des pierres aiguisées en ornaient la pointe, mais la découverte de l’arc et des flèches avantagèrent définitivement l’archer. Non seulement, il put attaquer l’adversaire retranché derrière une rangée de javelots, mais il était capable de se munir de plus de flèches que l’ennemi, de javelots.

    Au moment où les premiers archers tirèrent leurs premières flèches, ils inventèrent une arme qui restera incontestée pendant des dizaines de milliers d’années.

     

    L'ANTIQUITE

    Environ 3 000 ans avant JC, ce fut un instrument utilisé à des fins belliqueuses (armes de guerre redoutée, silencieuse et rapide ). Il y a lieu de rappeler les principales guerres suivantes : Crécy en 1346, Poitiers en 1356, Azincourt en 1415 ( ils étaient plus de 10 000 archers dans cette dernière bataille ).

    Les premiers arcs étaient certainement construits en bois, en effet n’ayant pas résisté à l’épreuve du temps, il ne nous reste aujourd’hui que les pointes des flèches, en silex. Il a été retrouvé, dans les tombes d’Egyptiens, des arcs en bois de différentes qualités : bouleau, merisier, frêne, acacia, courts de section ronde et de faible puissance. En Orient, ils furent en bambou ou en mûrier. Les arcs recourbés utilisés par les Turcs, en bois laminé et en corne, représentaient une évolution technologique, dont le principe est toujours exploité de nos jours.

    A cause du climat, les combattants étaient peu vêtus, donc très vulnérables, les flèches malgré leur faible puissance, devenaient redoutables.

    Pendant plusieurs siècles, les Anglais se sont servis du ‘’ Long Bow ‘’, un arc droit de type très simple, avec lequel s’exerçaient encore il y a peu de temps tous les hommes de la famille royale.

    Les Archers les plus habiles furent les Mongols, qui avec leurs arcs courts, sur leurs chevaux au galop, réussissaient à tirer leurs flèches avec une extrême précision. Ils fabriquaient leurs arcs, il y a 2 000 ans, à double courbure, dont les branches étaient composées d’une âme de bois centrale enserrée par deux lames de nerfs et de deux cornes de chèvre ou d’antilope, finement travaillées et souvent ornées.

     

     Du MOYEN AGE

    Les Peaux-Rouges, avec leurs arcs en bois de faible niveau technique, faisaient également preuve d’une adresse exemplaire, principalement lors de la lutte contre la conquête de l’Ouest et de la chasse à leur principale denrée alimentaire : le Bison.

    Depuis son apparition, le tir à l’arc n’a cessé de se pratiquer et de se perfectionner pour atteindre la haute technicité qui le caractérise aujourd’hui. Après être devenu, un engin de survie et de guerre redoutable, l’Arc est devenu un sport.

    Lors de la Guerre de Cent Ans, les Anglais pourtant inférieurs en nombre remportent de nombreuses batailles grâce à leurs archers, plus précis et plus rapides que les arbalétriers Français.

    Aussi Charles V s’appliqua-t-il à développer dans tout le royaume des Compagnies d’Archers. C’est donc en 1448, que son petit-fils Charles VII crée le corps des Francs Archers, à vocation militaire. Ces archers, après avoir prêté serment, étaient tenus de s’entraîner et d’entretenir leur matériel, en échange de quoi, ils étaient exempts de l’impôt de la taille, ce qui leur a conféré l’appellation des ‘’ Francs Archers ‘’. En parallèle, apparaissent les confréries d’archers, d’où le jeu d’arc devient une pratique noble, valorisante et codifié.

    Les compagnies d’Archers ont toutes pour patron : Saint Sébastien, d’où les règles de la chevalerie de l’Arc développent les notions d’honneur, de solidarité, de courtoisie et de bienséance.

     

      Saint Sébastien  

    Dans l'histoire chrétienne catholiques, 22 saints et saintes sont associés à des emblèmes comprenant l'arc ou la flèche. Pour trois d'entre eux, cette association rappelle leur supplice : St Edmond, Ste Ursule et St Sébastien.

    Né probablement à Milan (ou Narbonne selon les auteurs), Sébastien est martyrisé à Rome et enseveli dans une catacombe sur la Via Appia, près de la basilique qui porte son nom. A partir de là, la légende exposée dans les Actes de Sébastien (Vème sicècle) a largement brodé.

    Enrôlé à Rome vers 283, l'empereur Dioclétien le nomme commandant de la garde prétorienne, sans savoir que Sébastien est chrétien. Il ne cache pas son activité de prosélyte : il est arrêté et condamné à mourir sous les flèches de deux soldats. « Et les archers le frappèrent jusqu'à ce qu'il soit recouvert de flèches comme un hérisson est couvert d'épines »2. Selon la légende, les archers, qui avaient beaucoup d'estime pour leur chef, auraient évité de viser le cœur.

    Laissé pour mort, il est recueilli et soigné par Irène, veuve du martyr CASTALUS. Guéri, il va défier l'empereur qui va le lapider (ou le bastonner) à mort.

    Sous le règne de Charles le Chauve (840-877), l'évêque de Soissons fait le voeu de faire venir des reliques de Saint-Sébastien dans son diocèse. Pour ce faire, il nomme chevaliers les archers de la Compagnie de Soissons et les charge de cette mission. Cette chevauchée accomplie par des archers à vocation de fantassins, rapportant des reliques aux abbayes de Saint Médard et Saint Waast est à l'origine de la "Chevalerie de l'Arc". Saint Sébastien est bien évidemment le saint patron des archers.

                                          

      à L'EPOQUE CONTEMPORAINE   

    A la révolution de 1789, les confréries des Francs-Archers sont dissoutes. Et c’est au XIXe siècle, qu’on commence à voir se restructurer les compagnies d’archers, notamment en Ile-de-France et en Picardie.

    Le club de tir à l’arc le plus ancien est le Gran Sermeut Royal de Saint Sébastien. Crée en 1381 à Bruxelles à des fins militaires, il s’est tourné peu à peu vers le sport.

    Egalement digne d’être signalée : la Royal Toxophilite Society de Londres, aimablement surnommée la ‘’ Tox ‘’ en activité depuis 1787. L’origine de cette création de la ‘’Tox’’, était que vers l’année 1766, écrivit Roberts dans son livre ‘’ English Bowman ‘’, Mr Waring, qui cohabitait avec Sir Asthon Lever, à Leicester House, et qui peut être nommé à juste titre le père du tir à l’arc moderne, souffrait d’une oppression constante sur sa poitrine, car il travaillait beaucoup.

    Cette douleur venait principalement de ce qu’il était toujours assis trop près de son bureau et qu’il pressait trop son thorax. Il résolut donc d’expérimenter le tir à l’arc pour voir si cela lui apporterait quelque soulagement. Il s’en fit un exercice régulier, et en peu de temps sa santé s’améliora, ce qu’il attribua exclusivement à l’exercice du tir à l’arc. Sir Asthon Lever, voyant ces bons résultats, suivit l’exemple de Mr Waring, et se mit lui aussi à tirer à l’arc. Plusieurs de leurs amis en firent autant, et ensemble, ils créèrent cette société, sous le nom de Toxophilites ‘’ Amateurs de Tir à l’Arc ‘’. Dans le nouveau monde, la fondation du premier club remonte à 1828 et le premier championnat des Etats-Unis s’est disputé en 1879.

    C’est en 1900 qu’eut lieu à Paris la première apparition de l’arc aux Jeux Olympiques.

    En 1928, la Fédération Française du Tir à l’Arc (FFTA), voit le jour.

    En 1931, cette discipline est à l’origine de la création de la Fédération Internationale.

     

    Le Tir à l’Arc devient définitivement une discipline Olympique, en 1972.

    En 1992, à Barcelone en Espagne, le Français Sébastien FLUTE, obtient la médaille d’or.

     

     

    Source : http://caenarcherie.com/histoire_du_tir_a_l.htm


  • Source : http://uaanf.journal-archer.fr/historique.htm

    Histoire du Tir à la Perche (Tir vertical).

    Vidéos

    Curieuse tradition qui provient de la nuit des temps.

     

    L'Odyssée d'Homère en faisait mention d'un tir sur perche organisé pour le retour d'Ulysse. Les origines demeurent lointaines et mystérieuses.

    Faisant appel aux techniques de chasse, le tir vertical renvoie aussi à l'habileté des archers qui visaient les ennemis en haut des remparts ou à la curieuse habitude de tirer sur les ailes des moulins en temps de paix.

    Lors de certaines commémorations militaires, des démonstrations étaient organisées aux portes des villes.Les marins pour se distraire attachaient des oiseaux vivants en haut des mâts. Le mot "papegai" signifie le perroquet en flamand.

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    Extrait d'articles non-datés

    Certains sont en vieux français,  : "Les fautes d'orthographes" n'en sont pas.

     

    En terre flamande : 

    La petite histoires des archers rejoint la grande Histoire des terres de Flandres et d'Artois.

    Au XIIIème siècle, Philippe Auguste met en place au nord de son royaume des milices d'archers. Au XVème sciècle, ces compagnies s'organisent en corps de métier et prennent le nom de "franc-tireur". Les ghildes s'affrontent au cours de tournois.

    C'est au XVIème siècle que les villes du Nord se dotent "d'eschampersche" (perche verticale). Mais au XVIIIème, la réputation des ghildes est désastreuses. Pendant la Révolution les milices sont dissoutes. Au XIXème, le jeu revient en force et les associations sportives remplacent les anciennes ghildes.

    Ainsi pendant trois siècle, ce sport uniquement pratiqué dans la région ainsi qu'en Belgique et aux Pays-Bas, a su préservé ses règles et ses usages.

    Le XXème siècle :

    Au XXème siècle, l'esprit communautaire n'a pas totalement déserté les associations. Les noms des sociétés en sont l'écho : l'Alliance, la Fraternelle ou l'Union exaltent la notion de solidarité, tandis que les Bras de Fer, les Francs-Archers ou Guillaume Tell font référence à l'histoire. Saint Sébastien reste le nom le plus prisé !

    C'est en 1910 qu'a été crée la Gloire aux Archers (voir plus bas), un hymne qu'on chante encore aujourd'hui. Si les bannières ont souvent été remplacées par des drapeaux tricolores, l'insigne créé en 1930 pour les administrateurs de l'UAANF arbore toujours les armes des Ducs de Bourgogne.

    Jadis, les charges d'archers du roi étaient réservés à l'élite. Au début du XXème siècle, seule la bourgeoisie avait encore accès à ce loisir. Des tirs étaient organisés le lundi pour les commerçants. Pour entrer dans une société d'archers, il fallait trouver deux parrains, passer devant une commission et afficher... un casier judiciaire vierge. Après la guerre, le tir à la vertical se démocratise, il devient populaire et bon enfant.

    Désormais, il s'identifie à un terroir fier de son passé et fidèle à ses traditions.

     

    Un loisir convivial :

    La journée de tir se rythme à coup de tournée de bière ou de vin blanc. La tradition veut qu'on paie son verre entre deux tours qu'on soit... gagnants ou perdants.

    L'entre-jeu est aux archers ce que la troisième mi-temps est au rugbymen !

    Ce rituel nous rappelle qu'à l'époque de Philippe Auguste, les francs-archers étaient exempts de taxe sur le vin. Les copains d'abord... Les archers cultivent la convivialité. Ce n'est pas un hasard si certaines sociétés ont choisi comme siège un de ces estaminets chaleureux et bruyants, hauts lieux de la résistance de la culture flamande. Les compétitions s'achèvent traditionnellement par des banquets à la Bruegel.

    Dans beaucoup de confréries, on y célèbre encore le vainqueur d'un "vivat flamand".

    La saison débute après le congrée, début mars après le "tir du roi". Il y a encore quelques années, elle se clôturaient fin octobre pour laisser place aux tirs horizontaux. De nos jours, le tir continu l'hiver, en extérieur, pour le "championnat d'hivers en top sec".

     De plus, au "Driehoeck" de Caëstre, la seule perche couverte de la région fait la joie des archers frileux. En janvier, Saint Sébastien est fêté au cours d'une messe et d'un banquet.

    Affaire de famille :

    A force de regarder ensemble dans la même direction, les archers finissent par se marier entre eux sous une voûte d'honneur composée forcément d'arcs. Lorsqu'un enfant paraît, la naissance est fêtée par la société. Et l'un des prénoms les plus prisés est Sébastien ! Les futurs archers sont parfois inscrits dès la naissance. Et ils reçoivent pour premier cadeau... un arc.

    Les sociétés :

    L'Union des Associations des Archers du Nord de la France, fondée en 1906, compte aujourd'hui 3799 membres répartis dans 84 sociétés qui s'étalent dans tout le Nord/Pas de Calais, en étant divisées en 3 secteurs géographiques : l'Artois, la Flandre Maritime et la Flandre Terrestre.

    La vie de ces sociétés restent largement imprégnés par les pratiques religieuses. Aujourd'hui on baptise les perches. Devant l'assemblée des sociétaires, un prêtre béni le mât, qui reçoit le prénom d'une femme championne, de l'épouse d'un président de société ou de la fille d'un notable bienfaiteur. Elle en est la maraine officielle, et des paquets de dragées sont distribués.

    Chanson populaire :

     

    Couplet I II III

    Voyez de par la ville

    Passer à rang serrés,

    A l'allure virile,

    Ces hommes respectés,

    Ce sont là les disciples

    Du grand Saint-Sébastien

    Ils sont tous invincibles

    lorsqu'ils ont l'arc en main.

    En tous lieux à la ronde,

    Les archers sont bien vus,

    Certes par tout le monde,

    ils sont fort bien reçus.

    Souvent plus d'une belle,

    Les voyant défiler,

    Se dit au dedans d'elle,

    Qu'ils sont beaux les archers !

    Si ce qu'à Dieu ne plaise,

    On devrait se ranger

    Parmi l'armée française

    Pour défendre nos foyers

    Marchant comme un seul homme,

    On verrait les archers

    A l'instar de Cambronne

    Enfiler l'étranger.

    Refrain :

    Le plus beau régiment

    De la France entière (bis)

    Et le plus admiré

    C'est celui sur les archers (bis)

     

    Refrain

    Refrain

     

     


  • “Draw, archers, draw your arrows to the head! Spur your proud horses hard, and ride in blood."
     Richard III. Act V Scene III

    Le tir à l’arc à cheval.

    L’archerie équestre est la réunion de deux disciplines sportives traditionnelle : l’équitation et le tir à l’arc. La combinaison de ces deux sports provient de traditions asiatiques pour tenter de devenir un sport moderne.  

    L’objectif est de tirer dans un temps précis, des flèches au galop dans une ou plusieurs cibles en ligne droite ou sur un parcours de chasse vallonné, mais toujours sur une piste encadrée. Il y a une dizaine de type d’épreuves, en provenance des pays source.

    L’esthétisme du geste et la difficulté d’allier vitesse et précision en font tout le charme. La symbolique de l’arc et du cheval conjuguée, est très forte !

    L’âme de ce sport, c’est aussi le voyage et les rencontres culturelle, en Mongolie au Japon ou en Jordanie par exemple, lors des compétitions.

    Petit rappel historique !

    Le tir à l’arc à cheval apparait il y a 4000 ans dans la steppe, au Nord de la Mer Caspienne. Ainsi que les techniques de fabrication spécifiques aux arcs Asiatiques.

    De la Sibérie orientale aux plaines d'Europe occidentale, de la protohistoire aux temps modernes, l'arc  composite - né quelque part entre l'Oural et l'Altaï - a permis aux peuples nomades des steppes d'imposer leur domination sur les terres conquises au rythme du galop de leurs petits chevaux. L'arc des Steppes, Lucien-Jean Bord.

    Très vite la plupart des peuplades d’Asie centrale vont reprendre ces techniques de chasse et de guerre, et parmi ceux-ci, les Parthes, qui bloqueront la progression Romaine vers l’Est, grâce à leur mobilité dans les combats. Plus tard, Les Huns participeront à l’effondrement de l’Empire Romain, puis les déferlements TurcoMongoles Bousculeront la civilisation Musulmane, et provoqueront au final la chute de Constantinople. Entretemps l’invention de l’étrier en améliorant l’équilibre du cavalier, augmente sa précision de tir et rend les combats encore plus performants. Puis avec Gengis Khan, c’est l’effondrement de l’Empire Chinois et le contrôle de l’Eurasie, et des raids, de la Pologne à l’Indonésie. Vient enfin Tamerlan et son empire.

    Plus tôt, au III siècle de notre ère, l’archipel Nippon (et la Corée), subit une vague de migration d’archer-cavalier Sibérien qui influença considérablement toute la culture guerrière japonaise. Les attributs de la noblesse deviennent en effet l’arc et le cheval.

    Dans l’antiquité, en Egypte et en Chine notamment, le combat se fait aussi dans des chars, desquels, un archer tire ses flèches. En Chine également, après avoir très tôt équipé l’infanterie d’arbalète, et subi des revers important de la part des peuples nomades, les Chinois vont revenir à une importante cavalerie d’archer et tenter de combattre avec la même stratégie que leurs adversaires. Les Russes et les Polonais en feront autant quelques siècles plus tard.

    Seul l’Europe de l’Ouest fut culturellement épargnée. Il y eu bien quelques compagnies d’archer cavalier Français durant la guerre de 100 ans et quelques Anglais tirant à l’arc à cheval, mais de façon marginale sans incidence notable sur le cours de notre histoire. Pour les Polonais, les Russes ou les Hongrois, il en fut tout autrement au souvenir des Hordes Mongoles partant en campagne avec 3 millions de flèches dans leurs chariots et 8 ou 10 chevaux par guerrier.  Durant les croisades, les « Francs » éprouveront face aux turco-Arabes les combats d’archerie montée. Mais leurs armures feront face aux flèches et la mobilité des cavaliers Musulmans sera pour une fois de faible incidence sur le résultat des combats.

    En Inde, dans la caste des guerriers le tir à l’arc à cheval est présent et le mot archerie équestre devient au cours du temps la définition du mot « art martial ».

    En Chine et en Turquie, les corps d’élite sont constitués d’archer-cavaliers et d’une manière générale de la Hongrie au Japon, c’est le corps principal de l’éducation de la noblesse et des guerriers durant plusieurs siècles. On se rend compte ainsi de l’importance sur le plan historique et géopolitique de la puissance militaire et culturelle des peuples d’archer-cavaliers, qui ont foulés de leurs sabots les grandes civilisations e et fait chuter les trois plus grands empires de notre histoire, Rome, Byzance et la Chine.

    Au 17° siècle l’apparition des armes à feux fait définitivement disparaitre le combat à l’arc, sauf encore un peu chez les Bouriates ou les indiens d’Amérique du Nord.

    Mais au Japon les écoles Takeda et Ogasawara préserve, avec le Yabusame les techniques d’archerie équestre des samouraïs. Il est à noter que les écoles furent fondées au 12° siècle sur des traditions plus anciennes encore, et perdure de père en fils jusqu'à notre époque, ce qui en fait les plus vieilles écoles d’équitation du Monde. On y apprend aussi les techniques de dressage des chevaux, les franchissements d’obstacles et de rivières. Tout l’esprit du Bushido Japonais provient des techniques de la voie de l’arc et du cheval. A la fin des guerres féodales nipponnes, le tir à l’arc à cheval resta en faveur, pour forger le mental des guerriers, car au galop très rapide, sans contrôle du cheval avec les mains, le cavalier doit s’abstraire de ses peurs et se détacher de l’action en cours, pour se concentrer sur le tir de sa cible. La discipline est  imprégnée de la pensé Zen.  

    La redécouverte.

    Au 20° siècle dans l’élite sociale Américaine de la côte Est, on trouve quelques compagnies d’archer-cavalier dans les clubs d’équitation, essentiellement des cavalières. Puis dans la deuxième moitié du 20° siècle, en Asie, et en Europe quelques individus férus d’histoire médiévale tentent de redécouvrir les anciennes techniques, la gestuelle et la symbolique s’y rapportant. On peut noter en France quelques tentatives du chevalier d’Orgeix, le champion de jumping, de s’essayer à cette pratique sportive.

    Mais c’est surtout à la fin du 20° siècle, en Hongrie avec Lajos Kassai, qui durant 20 ans va parcourir différents pays pour retrouver les techniques anciennes, Kassai va proposer un renouveau de l’archerie équestre, en créant un centre international d’archerie monté, accueillant des stagiaires du Monde entier.

    Au Etats-Unis, c’est le facteur d’arc, Lukas Novotny qui effectue la même démarche avec succès.

    En Corée du Sud, une association de maintien des traditions culturelles se crée avec le patronage de l’UNESCO, la WHAF ; World Horseback Archery Federation.  Elle propose depuis 2007 un championnat du Monde en Corée.

    En Europe, c’est l’Allemand Christian Schrade qui organise en 2008 en Allemagne, le premier championnat d’Europe et promeut la discipline dans différents pays d’Europe. Avec l’appui et le mécénat du Roi de Jordanie, il crée le plus grand événement mondial d’Horseback archery  en Jordanie avec ALFaris, qui réunit au mois de mai depuis 2011, plus de 20 nations dans une compétition fastueuse.

    Au cours des siècles, chaque peuplade dans chaque vallée utilisa son style et ses techniques, flèche à droite ou à gauche de l'arc, tir au pouce, ou avec 2 ou trois doigts, avec des arcs de 30 à 70 livres de puissance, selon les lieux et les époques.  On retrouve tout cela dans les compétitions modernes ! Epreuve rapide ou galop lent, techniques et arcs Mongoles, Japonais, Hongrois ou Turc, chacun selon ses souhaits et ses rêves peut s'exprimer. Toutefois, un léger antagonisme existe entre sport de compétition et maintien des traditions culturelles. Ce débat participe au dynamisme de la discipline.

    En France, c’est chez Thierry Descamps, dans le Nord, notre meilleur spécialiste national (Association Française de Tir à l’Arc à Cheval) et en Limousin, que se situe l’essentiel des pratiquants de ces traditions guerrières Asiatiques, devenues, loisir, spectacle ou art martiale.  En Normandie dans le cadre de la Fédération Française d’Equitation fut créé le Bajutsu, discipline reprenant des techniques de combat à cheval dont le tir à l’arc. D’autres cavaliers ont tenté en France de développer cette discipline ces dernières années.

    La nécessité de beaucoup s’entrainer pour obtenir un résultat significatif freine quelque peu les cavaliers qui s’en tiennent souvent à une séance de découverte, comme pour l’équitation ou les arts martiaux l’entrainement se compte en année. Il faut de surcroit un arc, des flèches, un carquois, des cibles et des mesures de sécurités adéquates car les flèches volent à plus de 100 mètres.

    En 2012, c’est des reprises chaque semaine chez Thierry Descamps et la participation avec podiums à des compétitions internationales. C’est aussi des compétitions internationales, Pologne, Hongrie et Jordanie. En Limousin, on butte sur les problèmes équestres, le postulant archer-cavalier est souvent un médiéviste ou un pratiquant d’art martial, homme quadra, volontaire mais pas cavalier… Dès la première séance, le constat, que quelques années d’équitation chères et difficiles seront indispensables pour pratiquer cette art, démotives nos aspirants guerriers. Quand à nos cavalières de club en pantalon bicolore, elle trouve cela très « fun » et ludique à souhait, « géniale » pour se déguiser, et faire un spectacle club de fin d’année.

    En Limousin, c’est une vingtaine de pratiquants occasionnels dans cinq clubs, une reprise hebdomadaire de 6 cavaliers, et 150 cavaliers par an qui viennent essayer une fois. elles sont déjà tellement prises par la préparation du galop 7 ou les compétitions de sauts d’obstacles, qu’elles ne trouvent pas de motivation pour s’entrainer au tir à l’arc.

    De surcroit, les mythes guerriers Asiatiques ou les Amazones, les laissent totalement indifférentes. Cette discipline a donc quelques soucis pour trouver son public de pratiquant. Les méthodes pédagogiques sont empruntées aux Hongrois, matinées d’esprit et de culture japonaise et l’ensemble est perfectible. L’absence de compétition ou d’examen en France nuit au développement de ce sport dans l’état actuel des choses.

    Animer les séances demande un moniteur d’équitation, cavalier-archer. Peut-être qu’un jour, la législation imposera aussi un moniteur de tir à l’arc ? Par contre la cavalerie, ne pose pas de problème particulier, les chevaux sont habitués dans les clubs aux jeux et animations. En principe, en quelques minutes, presque tous, sont désensibilisés, calmes et confiants.  Avec les chevaux des propriétaires, c’est plus compliqué.

    L’initiation en manège est fort simple, ludique et accessible à tous, le prérequis étant de savoir galoper sans tenir les rênes dans un couloir encadré et d’apprendre les techniques spécifique du tir à l’arc en mouvement. Tirer sa flèche, au trot ou au galop dans la cible, procure, dès la première séance, un grand plaisir. Ensuite encocher rapidement et tirer avec un peu de précision plusieurs flèches sur une ligne de galop en quelques secondes, demande un entrainement régulier, ou le calme et la concentration sont indispensables. On tire, vers l’avant, vers l’arrière, sur les côtés, vers le haut et parfois avec l’autre main, de façon ambidextre, dans des distances de 5 à 70 mètres.

    C’est excellent pour l’aisance, l’assiette et la coordination motrice du cavalier.

    C’est un  sport, du spectacle.  Un art martial ?      

    Tout reste à définir !

    Ce texte est une synthèse de plusieurs livres dont, « L'arc des Steppes, Lucien-Jean Bord, Jean-Pierre Mugg, Gerfaut Ed »  Et de ma perception très personnelle de ce sport. Je suis moniteur d’équitation, ni universitaire, ni historien, ni spécialiste de quoi que ce soit. Je reçois les remarques et les critiques avec le plus grand intérêt. Cavalier classique, diplômé en Japonais, j’ai enseigné l’équitation au Japon 15 mois et découvert  le Yabusamé comme spectateur.

    De retour en France, j’ai cherché à pratiquer cet art équestre. Je finis 13éme aux Championnat d’Europe 2012 en Hongrie, dont sur 4 épreuves, 3 fois dans les dix premiers et deux fois premier Français.

    Frédéric Luneau, février 2013.

    (Archerie équestre en Limousin sur FB)





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