• A travers l'Histoire

    Le tir à l'arc est un noble art

    qui remonte à la nuit des temps.

    Ce fut dans l’antiquité une arme de chasse pour la survie humanitaire.      

    Cette méthode de chasse est encore couramment utilisée de nos jours chez les aborigènes d’Afrique et d’Amazonie, ils s’en servent pour chasser le gibier nécessaire à leur subsistance.

     

     LA PREHISTOIRE

    Certains chercheurs situent l’apparition de l’arc entre les mains d’un homme, vers la fin de l’ère paléolithique, il y a environ 20 000 ans, voire même 30 000 ans. Des peintures rupestres que les évaluations datent de 10 000 ans avant JC, relevées sur les parois de grottes espagnoles, montrent des chasseurs armés d’un arc.

    Avant d’inventer l’arc lui-même l’homme lançait à la main, à l’aide de propulseurs,          des ‘’ traits ‘’ armés de pointes en silex. Le passage du lancer à main nue au lancer à l’aide d’une arme se fit très lentement, il se fit peut-être, grâce à l’œil vigilant de l’homme observant la puissance d’un jeune arbre tendu par le vent ; on put constater ainsi qu’un homme faible disposant d’une arme plus longue pouvait lancer plus loin. Une fois cette leçon apprise, l’esprit inventif de l’homme a dû être hanté par l’élasticité du jeune arbre plié revenant à la position verticale. L’utilisation de la puissance de l’arbrisseau tendu tortura l’esprit humain jusqu’au jour ou il l’arracha de terre ; il détermina alors un point central, façonna des branches latérales grossièrement égales, dota ce bois tendu d’une sorte de corde nouée aux deux extrémités de manière à pouvoir le tendre.

    L’homme admira donc cet arc entre ses mains.

    La découverte de l’arc marqua un énorme progrès pour l’homme. Quand il sut maîtriser habilement la lente énergie de ses muscles pour la libérer de manière soudaine et efficace, il fut alors capable de chasser le gibier avec succès et, avec une relative sécurité, il put combattre ses ennemis à distance. Il est certain que le javelot fut antérieur à l’arc et que des os ou des pierres aiguisées en ornaient la pointe, mais la découverte de l’arc et des flèches avantagèrent définitivement l’archer. Non seulement, il put attaquer l’adversaire retranché derrière une rangée de javelots, mais il était capable de se munir de plus de flèches que l’ennemi, de javelots.

    Au moment où les premiers archers tirèrent leurs premières flèches, ils inventèrent une arme qui restera incontestée pendant des dizaines de milliers d’années.

     

    L'ANTIQUITE

    Environ 3 000 ans avant JC, ce fut un instrument utilisé à des fins belliqueuses (armes de guerre redoutée, silencieuse et rapide ). Il y a lieu de rappeler les principales guerres suivantes : Crécy en 1346, Poitiers en 1356, Azincourt en 1415 ( ils étaient plus de 10 000 archers dans cette dernière bataille ).

    Les premiers arcs étaient certainement construits en bois, en effet n’ayant pas résisté à l’épreuve du temps, il ne nous reste aujourd’hui que les pointes des flèches, en silex. Il a été retrouvé, dans les tombes d’Egyptiens, des arcs en bois de différentes qualités : bouleau, merisier, frêne, acacia, courts de section ronde et de faible puissance. En Orient, ils furent en bambou ou en mûrier. Les arcs recourbés utilisés par les Turcs, en bois laminé et en corne, représentaient une évolution technologique, dont le principe est toujours exploité de nos jours.

    A cause du climat, les combattants étaient peu vêtus, donc très vulnérables, les flèches malgré leur faible puissance, devenaient redoutables.

    Pendant plusieurs siècles, les Anglais se sont servis du ‘’ Long Bow ‘’, un arc droit de type très simple, avec lequel s’exerçaient encore il y a peu de temps tous les hommes de la famille royale.

    Les Archers les plus habiles furent les Mongols, qui avec leurs arcs courts, sur leurs chevaux au galop, réussissaient à tirer leurs flèches avec une extrême précision. Ils fabriquaient leurs arcs, il y a 2 000 ans, à double courbure, dont les branches étaient composées d’une âme de bois centrale enserrée par deux lames de nerfs et de deux cornes de chèvre ou d’antilope, finement travaillées et souvent ornées.

     

     Du MOYEN AGE

    Les Peaux-Rouges, avec leurs arcs en bois de faible niveau technique, faisaient également preuve d’une adresse exemplaire, principalement lors de la lutte contre la conquête de l’Ouest et de la chasse à leur principale denrée alimentaire : le Bison.

    Depuis son apparition, le tir à l’arc n’a cessé de se pratiquer et de se perfectionner pour atteindre la haute technicité qui le caractérise aujourd’hui. Après être devenu, un engin de survie et de guerre redoutable, l’Arc est devenu un sport.

    Lors de la Guerre de Cent Ans, les Anglais pourtant inférieurs en nombre remportent de nombreuses batailles grâce à leurs archers, plus précis et plus rapides que les arbalétriers Français.

    Aussi Charles V s’appliqua-t-il à développer dans tout le royaume des Compagnies d’Archers. C’est donc en 1448, que son petit-fils Charles VII crée le corps des Francs Archers, à vocation militaire. Ces archers, après avoir prêté serment, étaient tenus de s’entraîner et d’entretenir leur matériel, en échange de quoi, ils étaient exempts de l’impôt de la taille, ce qui leur a conféré l’appellation des ‘’ Francs Archers ‘’. En parallèle, apparaissent les confréries d’archers, d’où le jeu d’arc devient une pratique noble, valorisante et codifié.

    Les compagnies d’Archers ont toutes pour patron : Saint Sébastien, d’où les règles de la chevalerie de l’Arc développent les notions d’honneur, de solidarité, de courtoisie et de bienséance.

     

      Saint Sébastien  

    Dans l'histoire chrétienne catholiques, 22 saints et saintes sont associés à des emblèmes comprenant l'arc ou la flèche. Pour trois d'entre eux, cette association rappelle leur supplice : St Edmond, Ste Ursule et St Sébastien.

    Né probablement à Milan (ou Narbonne selon les auteurs), Sébastien est martyrisé à Rome et enseveli dans une catacombe sur la Via Appia, près de la basilique qui porte son nom. A partir de là, la légende exposée dans les Actes de Sébastien (Vème sicècle) a largement brodé.

    Enrôlé à Rome vers 283, l'empereur Dioclétien le nomme commandant de la garde prétorienne, sans savoir que Sébastien est chrétien. Il ne cache pas son activité de prosélyte : il est arrêté et condamné à mourir sous les flèches de deux soldats. « Et les archers le frappèrent jusqu'à ce qu'il soit recouvert de flèches comme un hérisson est couvert d'épines »2. Selon la légende, les archers, qui avaient beaucoup d'estime pour leur chef, auraient évité de viser le cœur.

    Laissé pour mort, il est recueilli et soigné par Irène, veuve du martyr CASTALUS. Guéri, il va défier l'empereur qui va le lapider (ou le bastonner) à mort.

    Sous le règne de Charles le Chauve (840-877), l'évêque de Soissons fait le voeu de faire venir des reliques de Saint-Sébastien dans son diocèse. Pour ce faire, il nomme chevaliers les archers de la Compagnie de Soissons et les charge de cette mission. Cette chevauchée accomplie par des archers à vocation de fantassins, rapportant des reliques aux abbayes de Saint Médard et Saint Waast est à l'origine de la "Chevalerie de l'Arc". Saint Sébastien est bien évidemment le saint patron des archers.

                                          

      à L'EPOQUE CONTEMPORAINE   

    A la révolution de 1789, les confréries des Francs-Archers sont dissoutes. Et c’est au XIXe siècle, qu’on commence à voir se restructurer les compagnies d’archers, notamment en Ile-de-France et en Picardie.

    Le club de tir à l’arc le plus ancien est le Gran Sermeut Royal de Saint Sébastien. Crée en 1381 à Bruxelles à des fins militaires, il s’est tourné peu à peu vers le sport.

    Egalement digne d’être signalée : la Royal Toxophilite Society de Londres, aimablement surnommée la ‘’ Tox ‘’ en activité depuis 1787. L’origine de cette création de la ‘’Tox’’, était que vers l’année 1766, écrivit Roberts dans son livre ‘’ English Bowman ‘’, Mr Waring, qui cohabitait avec Sir Asthon Lever, à Leicester House, et qui peut être nommé à juste titre le père du tir à l’arc moderne, souffrait d’une oppression constante sur sa poitrine, car il travaillait beaucoup.

    Cette douleur venait principalement de ce qu’il était toujours assis trop près de son bureau et qu’il pressait trop son thorax. Il résolut donc d’expérimenter le tir à l’arc pour voir si cela lui apporterait quelque soulagement. Il s’en fit un exercice régulier, et en peu de temps sa santé s’améliora, ce qu’il attribua exclusivement à l’exercice du tir à l’arc. Sir Asthon Lever, voyant ces bons résultats, suivit l’exemple de Mr Waring, et se mit lui aussi à tirer à l’arc. Plusieurs de leurs amis en firent autant, et ensemble, ils créèrent cette société, sous le nom de Toxophilites ‘’ Amateurs de Tir à l’Arc ‘’. Dans le nouveau monde, la fondation du premier club remonte à 1828 et le premier championnat des Etats-Unis s’est disputé en 1879.

    C’est en 1900 qu’eut lieu à Paris la première apparition de l’arc aux Jeux Olympiques.

    En 1928, la Fédération Française du Tir à l’Arc (FFTA), voit le jour.

    En 1931, cette discipline est à l’origine de la création de la Fédération Internationale.

     

    Le Tir à l’Arc devient définitivement une discipline Olympique, en 1972.

    En 1992, à Barcelone en Espagne, le Français Sébastien FLUTE, obtient la médaille d’or.

     

     

    Source : http://caenarcherie.com/histoire_du_tir_a_l.htm